Archives de l’auteur : Andrée Robert

A propos Andrée Robert

Expérimente avec succès la vie en écovillage depuis près de 30 ans. Cultive l'émerveillement. Tripe sur la langue française. Successful experience of life in an ecovillage for nearly 30 years. Cultivates wonderment. Nourishes a passion for french language.

Comment se comprendre avec un Québécois, ou une Québécoise…

??????

On en voit de toutes les couleurs ici, à l’écovillage La Cité Écologique de Ham-Nord, au Québec. Notre programme de stage international en agriculture biologique attire beaucoup de beaux jeunes gens d’un peu partout, mais surtout, on ne sait pas pourquoi, surtout des Français.

Ils quittent massivement le vieux continent pour venir visiter leurs lointains cousins du Canada. Espèrent-ils revenir à la maison, gonflés d’orgueil, comme frais sortis d’un diner de con ? On ne sait pas. En tout cas, ils retournent chez eux la rate bien dilatée parce qu’on se bidonne à souhait, tous ensemble. C’est marrant, je vous jure.

Tout d’abord, dès leur arrivée, les stagiaires sont accueillis dans la grande Maison des Jeunes. Ils y font la rencontre de Nébesna, la jeune et jolie responsable des stages. Celle-ci leur fait visiter l’immense domaine, puis les ramène derechef dans la grande salle de la MDJ où nous allons diner tous ensemble.

Ici, quand on parle du diner, il s’agit du lunch — premier repère culturel important à identifier.

Ensuite, quand on dit «tous ensemble», en plus d’être un pléonasme, ça signifie qu’une centaine de joyeux individus de tous âges sont présents, les regardent d’un air amusé et vont se présenter à tour de rôle dans les jours qui suivront. Ça inclut des enfants enthousiastes et joyeusement racoleurs.

Alors là, voici ce qu’il faudra savoir lorsque vous entendrez certains mots ou certaines expressions :

«Fa-que» :
proviens des mots «cela fait que» et l’expression s’utilise généralement à la place de «alors». Elle peut être facilement suivie de points de suspension, puisqu’elle indique une vague relation entre deux idées.

Exemple :

«Fa-que… On-y vâ tsu ?»
Attention :
On ne doit pas faire de liaison entre «on et y»
Notez l’accent circonflexe sur le â. Cela signifie qu’on doit le prononcer comme un a très fermé, c’est-à-dire presque comme le son «o», comme dans les mots «porte» ou «or».
Notez également le petit son «s » au milieu du mot «tu», typique de la langue québécoise.
Et ça signifie : «Alors, on y va ?»

Voici un autre marqueur de relations, un peu flou, mais très utilisé : «Bain lâ…». L’expression provient des mots «Bien là», mais ne sert pas du tout à démontrer un quelconque emplacement. Elle exprime plutôt une forme d’étonnement, une contrariété. Elle informe l’interlocuteur que ce qu’il vient de dire nous paraît irrationnel, exagéré, ou carrément hors de propos.

Exemple :

«Bain lâ… pâ rapport !»
Et ça signifie : «Tu te fous de ma gueule ?»

Vous voudrez sans doute éviter la confrontation, mais il serait opportun de remplacer : «Je pige pas, là…» par : «Qué-cé tsu veu dzire ?»

M’enfin, c’est pour vous…

Si jamais vous arriviez au jardin avec un outil inapproprié, vous pourriez entendre :
«Quesse tsu fa-èk ça ?» qui est littéralement : «Qu’est ce que tu fais avec ça ?»

On voudra vous montrer comment faire et on dira : «tchèque bain» qui veut dire : «regarde bien».

Et vous irez surement d’un beau «Alors là !» béa d’admiration. Ce sera un moment intense de communion interculturelle. Votre interlocuteur québécois, tout en opinant devant votre air admiratif, vous couvrira d’un regard émouvant et vous dira, du fond du cœur : «Mèzan !»

C’est là-dessus qu’on se laisse pour aujourd’hui. J’ai de l’eau d’érable sur le feu.

Sablons le champagne, nous sommes tous des gagnants!

Sablons le champagne!
Sablons le champagne!

Pour votre première chronique du Huit en 2013, j’ai pensé que ce serait une bonne idée que nous commencions l’année en nous félicitant, car nous sommes tous des gagnants. En doutez-vous ? Lisez donc ce qui suit…

L’histoire commence dans la nuit des temps. À cette époque, vous faisiez partie d’un groupe très nombreux, 200 millions d’individus, au bas mot.

Confinés dans un espace restreint, vous étiez du nombre de ceux qui se préparaient sérieusement à relever un défi majeur. Tous allaient y faire face, mais peu d’entre vous étaient destinés à s’approcher du but, alors qu’un seul devait en sortir vainqueur.

Dans cette compétition, vous avez fait preuve de ténacité et de persévérance. Vous avez eu une attitude de champion, vous avez usé de stratégie. Il le fallait. Dès que le départ fut sonné, vous vous êtes retrouvé au milieu de l’agitation générale, dans un tourbillon euphorique, ruisselant de joie, précipité dans une course jubilatoire, très loin de ce que vous aviez imaginé.

Cependant, parmi les quelque 200 millions de participants ayant pris le départ, seulement quelques centaines traversèrent la première épreuve. Vous en étiez. Vous avez également réussi à vous qualifier pour l’éprouvante traversée des mailles d’un immense filet. Cette joute vous a demandé d’ajouter l’agilité à la vitesse afin de contourner les obstacles avec souplesse, tandis que ceux qui voulaient aller en ligne droite devaient y laisser leur vie.

Vous étiez peu nombreux à la fin du parcours. Mais il fallait encore faire preuve d’intelligence pour réussir à trouver l’angle parfait sous lequel aborder la phase finale.
Puis, ultimement, vous avez dû faire preuve de renoncement. C’est à ce moment-là que vous avez atteint la victoire.

Sur 200 millions de spermatozoïdes, c’est vous qui avez réussi à féconder l’ovule!

En ce début d’année, levons nos verres, championnes et champions, et rappelons-nous souvent, que nous sommes des gagnants!

La fin du monde

Dans quelques jours, nous allons tourner la dernière page du calendrier maya. À l’évidence, même si je ne crois pas à la fin du monde, ça me fait un petit quelque chose. Pas vous ? Après tout, ça n’a pas été donné à toutes les générations d’être témoins du passage d’un siècle, d’un millénaire, d’une ère et d’une fin du monde proclamée ! Nous sommes résilients. On va passer au travers.

On se souvient du bogue de l’an 2000. Le problème était bien réel. Il s’agissait en fait d’un problème de conception qui, s’il n’avait pas été réglé, aurait pu compromettre sérieusement notre mode de vie. C’est un ingénieur canadien qui a sonné l’alarme en 1980. Il a réussi à sensibiliser le monde entier, de sorte que finalement, vers 1995, la majorité des entreprises se sont décidées à investir pour mettre à jour les systèmes informatiques.

Comme on peut le constater, l’affaire est devenue importante pour les gens concernés, seulement cinq ans d’avance. On peut dire que le problème est entré dans leur champ de vision en même temps que dans leur plan quinquennal ! De grosses sommes étaient en jeu. On a fait les ajustements nécessaires et tout s’est bien passé.

Et si on faisait un «remake» du bogue à l’occasion de la fin du monde ? Cette fois, ce serait individuellement qu’on aurait à faire des ajustements. Imaginons que notre cerveau, un ordinateur d’une incroyable complexité, ait besoin d’une mise à jour de son système…

Nous nous réveillerions le matin du 22 décembre, comme les autres matins. Mais il y aurait eu des ajustements (nous y aurions mis le prix, évidemment) et notre conscience pourrait passer à un autre niveau… tranquillement. Peut-être qu’on trouverait des solutions nouvelles, auxquelles on n’avait pas pensé et qui deviendraient soudain évidentes… On aurait la générosité de les partager et l’audace de les appliquer. Nous aurions ce qu’il faut pour passer à une autre étape. L’intelligence, l’amour, le courage.

C’est ce que je nous souhaite à tous pour cette fin d’année. Et je me demande : avons-nous vraiment le choix ?

Andrée Robert
ARlittéra

Une petite histoire qui en dit long

enfant

Aujourd’hui je relève le défi proposé par Cédric, de «Virtuose Marketing»
Le pari consiste à écrire en s’inspirant d’une métaphore présentée par Cédric et d’en tirer des conclusions, chacun à notre façon.
La voici :

Les moutons noirs

Un ingénieur, un physicien expérimental, un physicien théoricien et un philosophe se promenaient dans les montagnes d’Écosse.
Quand ils atteignirent un sommet, ils aperçurent un mouton noir sur une crête avoisinante.
— On voit que les moutons écossais sont noirs, déclara d’ingénieur.
— Il serait préférable de dire que certains moutons écossais sont noirs, dit le physicien expérimental.
Le physicien théoricien réfléchit un instant et dit
— Il serait plus correct de dire qu’au moins un des moutons écossais est noir.
— D’un côté, du moins, corrigea le philosophe.
(Histoire tirée du livre La Métaphore : voie royale de la communication, de Gérard Szymanski.)

Imaginons qu’un enfant ait pris part à cette promenade, que dirait-il?
Probablement quelque chose comme : «… Oh, regardez comme il est beau le mouton noir!»
Ne retrouve-t-on pas, dans cette simplicité, une belle part de vérité?

Notre intellect a tendance à vouloir organiser notre vision de la vie, à sa façon. Il dissèque l’information. Il est même prêt à couper un mouton en deux parce qu’il n’en voit qu’une moitié. C’est lui qui émet des statistiques du genre : «1 rejeton et demi par famille…»
Mais qui voudrait d’un demi-gamin? !

Le cœur, représenté par l’enfant, appréhende son univers de façon plus globale. La vie est indivisible pour lui, il baigne dans l’unité. L’enfant s’émerveille de chaque découverte. Inconsciemment, il sent que tout ce qu’il découvre fait partie de lui.

Notre intellect est important. On en a besoin, c’est indéniable, mais il doit se marier avec notre cœur afin qu’on ne perde pas l’essentiel de la Vie, la conscience de l’Unité et l’émerveillement qui en découle.

Andrée Robert
ARlittéra
http://www.arlittera.com

Gérer nos énergies…

Dans notre recherche d’énergie nouvelle, le nucléaire est un jour apparu comme une grande découverte. On l’a cru sécuritaire, propre et bon marché. On a probablement oublié son corollaire, l’accumulation de déchets hautement radioactifs qui demeureront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. Oubliée aussi la possibilité d’un accident catastrophique, ou tout simplement l’usure naturelle qui engendre des frais d’entretien de plus en plus couteux pour un résultat de moins en moins sécuritaire.

énergie nucléaire

Nos réacteurs nucléaires sont les mêmes que ceux de Tchernobyl. Ils sont une source constante de radioactivité qu’ils répandent dans l’air et dans l’eau. La population environnante d’une centrale nucléaire ainsi que tous ceux qui consomment les produits agricoles locaux, incluant le lait et la viande, absorbent ces radiations en mangeant, en buvant, en respirant. Ces substances sont aussi absorbées directement à travers la peau.

Le taux de radioactivité, même faible, est dangereux. Parce qu’elle peut s’incorporer aux molécules organiques du corps, la radioactivité pose des risques sérieux. Des tests sur des animaux ont démontré certains impacts au niveau génétique et sur le plan du développement des embryons. Les études scientifiques indiquent que toute exposition, aussi minime soit-elle, peut abimer une cellule et mener à la naissance d’un enfant dont la génétique sera affaiblie.

Dans le passé, on s’est battu pour éviter que des déchets radioactifs soient enfouis aux États-Unis, trop près de nos frontières. Aujourd’hui comment peut-on ne pas applaudir le démantèlement d’une centrale québécoise?

L’humanité n’aura jamais produit une empreinte écologique aussi énorme et aussi indélébile. Où est notre responsabilité? Accepter de se départir de ces centrales et trouver d’autres façons d’assurer la prospérité d’une région, c’est bien la moindre des choses qu’on peut faire. Qu’en pensez-vous?

Andrée Robert
http://www.arlittera.com

 

Cerises de terre

cerise de terre

affichette des cornets de cerise de terre offerts lors de la Balade gourmande, à la Cité Écologique de Ham-Nord

Histoire :
Découverte au XVIe siècle, la cerise de terre serait originaire du Pérou. Elle aurait fait le voyage en Amérique du Nord en 1860 où elle était alors considérée comme un fruit exotique de luxe.
La cerise de terre ou groseille du Cap, amour en cage, alkékenge, cerise en chemise, coqueret, coccigrole, herbe à cloques, cerise d’hiver, cerise des Juifs, mirabelle de Corse, etc. se nomme en réalité, pour les scientifiques, le Physalis pruinosa, Physalis peruviana et Physalis angulata. Il fait partie de la famille des solanacées, tout comme la tomate.
Le terme «alkékenge» est apparu dans la langue française au XIVe siècle. Ce mot vient de l’ancien français «alquequange» ou «alcacange», qui dérive de l’arabe al-kakang. Dans son sens étroit, il désigne la lanterne chinoise, plante ornementale de l’espèce P. alkekengii dont les fruits sont enfermés dans une enveloppe d’un orange vif. Toutefois, dans la langue populaire, le mot peut désigner n’importe quelle plante du genre physalis.
Écologie et environnement :
Toutes les plantes du genre physalis constituent un excellent couvre-sol et protègent les terres à nu contre l’érosion. Peu exigeante en fertilisants et en eau, la plante s’établira rapidement sur les sols sablonneux ou rocailleux. Par contre, une fois établie, elle peut être difficile à éradiquer. Il faut donc s’assurer que l’endroit qu’on a choisi pour l’installer ne soit pas destiné à une autre activité agricole à court terme. Dans le Sud, elle est considérée comme une mauvaise herbe, particulièrement dans les champs de maïs. Au Québec, il existe une variété sauvage de petite taille (P. heterophylla) qui convient tout particulièrement comme couvre-sol et dont le fruit mûr est comestible.
La cerise de terre n’est en réalité ni cerise, ni groseille, ni mirabelle. Le fruit est, en fait, beaucoup plus proche de la tomate, sa cousine.
Cueillette :
Les fruits se développent sur les branches rampantes et sont récoltés lorsque leur enveloppe jaunit et devient sèche. Ils sont mûrs lorsqu’ils tombent au sol. Cette culture est sensible à certains ennemis, dont les pucerons, les chrysomèles et certaines maladies du feuillage et des racines.

Conservation :
L’enveloppe de la cerise de terre doit rester jaune et sèche. Vous pouvez la conserver dans un endroit frais. Vous pouvez également la conserver au frigo, mais évitez les sacs hermétiques. Le fruit peut se conserver de nombreuses semaines au frais, à la condition que son enveloppe soit intacte et sèche. Elle se congèle très bien.

Les fruits immatures étant difficiles à digérer, ne consommez que ceux qui sont d’un beau jaune doré. Laissez mûrir les autres pendant 1 ou 2 semaines.
On peut aussi consommer le fruit séché.
Valeur nutritive :
Aux 100 g, la cerise de terre contient 25 calories.
Elle est riche en phosphore, en vitamine B3 et C. Elle contient aussi de la vitamine A, D et K.
On dit qu’elle est dépurative, laxative, émolliente, fébrifuge, diurétique et sédative.
Elle aiderait à combattre la goutte et les rhumatismes.
Elle aurait des effets antibactériens, anticancer et anti-inflammatoires. Elle contient des antioxydants, de la bêta-carotène et des physalines, qui sont des stéroïdes utiles dans la lutte contre le cancer. Les phytostérols qu’elle contient ont une action positive sur la santé cardiovasculaire.

Les renseignements que vous venez de lire ont été «cueillis» sur les sites suivants :
lesjardinsdupetittremble.ca
http://www.passeportsanté.net
http://www.jardinage.net

Pour de délicieuses recettes :
https://www.google.ca/search?q=cerise+de+terre+recettes&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a

Faites-nous part de vos expériences avec les cerises de terre.

Andrée Robert
http://www.arlittera.com

28 septembre 2012